C'est dûr de dire au revoir à un ami. On s'attache, indéniablement. Et même si je connais les règles du jeu de cette année, j'ai du mal à les accepter. Créer des liens pendant quelques mois sans
savoir si je reverrai un jour ces visages qui me sont devenus chers... ce n'est pas juste. Les personnes qui comptent devraient être accessibles. Depuis ce matin et cette dernière accolade, les
souvenirs des derniers mois passés ensemble affluent en continu. Je revois le film de notre amitié, et je souris et je pleure.
Je ne sortirai pas ce soir, pas envie. Je sais que ça ne sert à rien de m'enfermer dans cette tristesse, je devrais au contraire chercher à m'ouvrir et chercher dans les autres une occasion de
m'amuser quand même, mais voilà je suis fatiguée. Couchée à 5h30, je me suis levée à 9h pour lui faire mes adieux. Je suis arrivée en retard. Je ne voulais pas y aller. Je ne voulais pas me lever
pour ça. Un moment j'ai pensé "Pars, et qu'on n'en parle plus !". Mais je me suis assise sur mon lit et, comme un zombie, me suis dirigée vers la salle de bain pour me préparer. Je lui devais bien
ça.
On s'est dit qu'on se reverrait. Je voudrais le croire. Mais le conditionnel est si fort dans ce type de projet que la faible probabilité de concrétisation ajoute à mon chagrin. Plus loin que les
contacts que j'essayerai de conserver, cette fois, il faut que je garde espoir d'une autre rencontre future, où l'on se racontera ce qu'on est devenu et où l'on évoquera nos souvenirs communs. Le
monde n'est pas si grand, finalement.
Par Noiram
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Je m'ennuie. Je tourne en rond je ne fais rien en attendant ce soir. Ma seule activité sera d'aller prendre un café. Quelle excitation mon Dieu ! Non, j'ironise, mais il me fait plaisir ce café,
c'est une des premières sorties depuis un certain temps. Avec tous ces voyages et la visite de ma famille j'en ai un peu oublié d'avoir une vie sociale correcte. Et puis qui sait, la soirée se
prolongera peut être...
Ce n'est pas que je n'ai rien à faire, en plus, non. Je pourrais, en tant que bonne élève studieuse, commencer à rédiger ce rapport de lecture, mais j'ai perdu l'habitude de travailler. Je
repousse tout ce qui me demande un effort intellectuel important. Le paquet de feuilles m'épuise déjà. Je soupèse les pages photocopiées qui laissent un peu de gris sur les doigts, puis je les
repose. J'exècre cette lassitude qui me prends quelquefois devant toute évocation d'une action possible. Et cette paresse larvée qui est en train d'éclore...
Je me réfugie dans ce monde facile qu'est le net. C'est bien, le net, ça vous donne l'impression de faire quelque chose alors que vos yeux ne cherchent rien d'autre qu'à vous abrutir devant les
milliers de caractères ou d'images que vous jette l'écran. Le clic devient tic.
Il me reste deux heures avant le rendez vous. Je vais faire une sieste.
Par Pour dire des mots
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