D'où vient ce désir d'être attiré par l'extrême ? Pourquoi vouloir toucher les limites pour se prouver d'avoir vraiment vécu ?
Je ressens cette attirance depuis quelques temps. Elle a été réveillée hier par ce film,
Blood diamonds, de ces films qui restent gravés et font réfléchir après l'émotion. Je me suis
surprise à penser que malgré tout le dégout que j'avais ressenti j'aimerais "aller voir" là bas. Je me demande même si cette velléité de m'engager un jour dans l'humanitaire peut être n'est pas
motivée par cette raison. Il est vrai qu'il est plus beau de croire à l'altruisme que de reconnaître cette curiosité particulière qui vous porte à rencontrer le pire de l'Homme en espérant
bousculer sa tranquilité quotidienne et donner une valeur supplémentaire à l'existence.
Pourquoi suis-je poussée à demander tant de détails quand cet ami me parle de son engagement dans la guérilla et son expérience du narcotrafic ? Ce qu'il me raconte me bouleverse à chaque fois,
j'en ai mal au coeur et pourtant j'en redemande. Je veux comprendre. J'ai envie de creuser, creuser, pour arriver au fond des choses, me confronter ou m'immerger dans une réalité de laquelle
j'étais si loin il y a quelques mois. J'ai l'impression de perdre ma naïveté, mais je ne veux pas perdre l'humanisme. J'étais pourtant si convaincue du bien qui se trouve en chaque homme que de me
cogner, à travers les récits de ce compagnon, à ce monde de menaces, vengeance, pauvreté, drogue, lutte armée, cultures illégales et économie souterraine me destabilise grandement. Je ne veux pas
arriver à cette conclusion désabusée que le monde est une pourriture et que l'humain ne vaut rien d'autre que cela. Alors pourquoi en écoutant des récits de ce genre ai-je l'impression de
toucher au "vrai", au "coeur", si atroce soit-il ?
Par Noiram
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