Aujourd'hui je fais des crêpes. Et je fais VRAIMENT des crêpes, de la VRAIE manière traditionnelle en prenant le temps de tourner la pâte à l'aide de la cuillère en bois pour éviter les grumeaux,
SANS robot ! De toute façon il n'y a pas de robot, ici. Je suis assez fière du résultat, je crois que c'est la pâte la plus lisse que j'ai jamais réussie !
J'aime cuisiner. J'aime regarder la transformation progressive des aliments qui se mélangent pour donner quelquechose insoupconné au départ. Je ne sais pas ce que je préfère dans les crêpes... Peut
être le moment où l'on commence à mélanger en perçant les jaunes d'oeufs, et la matière qui se répand en débordant du puits creusé dans la farine... Ou alors le mouvement circulaire et
régulier de la main dirigeant la cuillère, la poudre blanche qui s'incorpore doucement au mélange... Ou la cuillère d'huile qui illumine d'étoiles la pâte déjà liquide...
Dans un instant, je ferai chauffer la poêle, jusqu'à ce qu'elle soit prête à recevoir le contenu d'une louche un peu trop pleine ou pas assez. Et j'écouterai le bruit de cettre rencontre,
"psshhhh".... avec ce plaisir toujours identique.
par Pour dire des mots
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Saveurs du quotidien
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Curieuse sensation que le froid, ce froid qui pénètre et s'installe, omniprésent, jusque dans les pensées.
"Froid, froid, froid" semble crier la moindre cellule de mon corps et le moindre recoin de mon esprit. Comme un voile glacé qui m'empêche de voir et de songer à autre chose.
"Froid, froid, froid" me souffle mon ventre crispé qui prône un retour à la position foetale. Mes doigts gelés cherchent un dernier refuge entre mes cuisses ou sous mon pull, mon cou
disparaît dans mes épaules, mon nez rougi commence à s'engourdir, et bientôt, naîtront quelques gouttes, fonte des neiges intérieure.
"Froid, froid, froid", me renvoient les draps d'un lit qui, plein de ton absence, ne se réchauffe pas.
J'ai envie de tes bras.
par Pour dire des mots
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Il pleure, je suis sûre qu'il pleure et moi je reste là, impuissante et lâche, immobile malgré la perception nette de ses sanglots et sa voix brisée au téléphone. Qu'est-ce que je peux faire,
fermer ma porte ? Aller le voir, lui, mon colocataire avec qui je n'ai pas réussi à construire une relation assez approndie pour tenir une conversation de plus de 15 minutes ? Entre l'intrusion et
la main tendue la frontière est ténue. Alors je reste dans ma froideur et ma lâcheté.
Les sanglots ont cessé. Seul le bruit de quelqu'un qui se mouche me parvient désormais. Tais-toi, mais tais-toi ! C'est fini.
Restent les questions. Je suis peut être froide et lâche mais pas indifférente. Que s'est-il passé ? Est-il arrivé quelque chose de grave ? Pourquoi cet éclatement soudain que rien ne laissait
présager, depuis son arrivée il y a une heure ? Je peux toujours demander, de toute façon il ne se confiera pas. Et surtout pas à moi. Même les questions les plus anodines
et banales reçoivent des réponses qui empêchent d'aller plus loin. Alors nous nous contentons de vivre côte à côte, ou plutôt de nous croiser tous les jours... coexistence
pacifique.
Mais ce soir j'en suis mal à l'aise. Je me suis caché les yeux pour ne pas voir, je ferai demain comme si de rien n'était, mais je scruterai son masque qui cache un désarroi insoupçonné... Je
me sens voyeuse et impuissante devant sa tristesse que je ne pourrai pas comprendre.
Parce que j'en suis sûre, il pleurait.
par Pour dire des mots
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Je ne ferais pas d'introduction. Ou plutôt c'est par une prétérition que je commencerai ce blog. Je n'ai jamais aimé les introductions, jamais été réellement satisfaite de ces exercices d'entrée en
matière forcée où il faut trouver l'accroche qui accroche, qui permet de dérouler le fil de l'eau sans tirer les cheveux.
Pas d'introduction, donc. Un plongeon direct dans l'océan de mes pensées vagabondes. Ou du moins, dans la petite flaque de mes mots qui ségarent et s'échoueront ici. Et comme tout ce qui
s'échoue est incertain, je ne peux prédire quelle sera la teneur de ces écrits. Leurs teintes varieront sans doute selon l'heure et l'humeur, selon le rythme de mes doigts sur le clavier,
selon l'air du vent qui me portera ou non l'inspiration.
Je crois que j'ai envie de liberté dans mes phrases, ou de fantaisie ou de recueillement. Je crois que j'ai envie de me laisser porter, de penser à toi puis de ne penser à rien, ou le contraire
plutôt, c'est ainsi que ça arrive. Je crois que je n'ai pas envie de réfléchir, je laisserai la porte ouverte aux élans de toute sorte. Je verrai bien quel paysage se dessine...
par Pour dire des mots
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