Aujourd'hui tout appelle à la mollesse, à la paresse, à l'ennui, au sommeil, à la torpeur... La pluie incessante dégouline du toit et forme des rivières dans les rues. Je regarde le déluge à
travers les gouttes de ma fenêtre. Je ne fais rien. C'est dimanche. Le temps ralenti, s'étire et se repose. Je me couche dans mon lit, cocon douillet qui accueille ma nostalgie du moment. Je pense.
Je prends la pause que m'offre le ciel gris d'un après-midi triste. La maison toute entière dort sous les nuages. Un calme humide s'est installé.
La fête qui aurait avoir dû lieu sur le trottoir d'en face à trouvé des déçus sous leurs parapluies : les ballons sont mouillés.

Je suis amoureuse !
Je ne me lasse pas de regarder ces fleurs de couleur vive, ces feuilles qui tombent délicatement sur le vase, ces branches harmonieusement disposées et cette dynamique d'ensemble qui élève la
composition vers le ciel. Je n'arrive encore pas à en croire mes yeux. Je ne me lasse pas de sentir ce doux parfum qui se dégage, ce mélange de sucré et de doueur qui m'envoute et me ramène à toi.
Je voudrais plonger dans cette odeur de légèreté jusqu'à m'enivrer de ces effluves qui ont envahi la maison. Tu es avec moi. Je ne me lasse pas deffleurer le tissu fragile des roses et le brillant
des anthuriums. C'est une caresse que je te destine.
A des milliers de kilomètres de distance, ce bouquet reçu de toi me prend par surprise, m'émeut aux larmes et me réconforte. Cette douce attention se transforme en présence. Je t'aime.
Voilà, mon ordinateur est réparé, c'est l'évènement de la semaine. Et maintenant ?
Je me sens lasse. Pas assez dormi cette nuit. C'était une idée bête, ce double café à 21h. Tant pis, on a discuté. Longtemps, même. On est parti loin je crois. J'ai ressenti cette dynamique qui me
plait quand je me sens en phase avec mon interlocuteur: l'impression que les mots qui sortent de ma bouche en s'adressant à lui formulent des idées et des vérités que j'avais à peine pensées
auparavant. C'est par la parole que s'éclaircissent mes pensées. C'est plutôt rare. Je passe généralement par l'écriture.
Je suis fatiguée. Pas envie de grand chose. J'aurais du faire une sieste. Je pourrais compter les moutons tiens, au lieu de relire ces photocopies peu attrayantes. Ou chercher les moutons dans les
feuilles, tiens. Ca vit dans les feuilles un mouton ? Mes moutons vivent dans les feuilles. Ils enlèvent les agrafes et font voler les pages. Et ensuite ils volent avec les pages, en soufflant sur
les lettres qui s'éparpillent aux quatres coins du ciel. Puis les lettres s'amusent à leur tour, elles écrivent des mots bizarres exprès, qui n'ont aucun rapport avec le texte d'origine.
Quelquefois elles dansent aussi. Une farandole qui m'appelle et réveille et chatouille cette envie de danser à mon tour. Je manque de légèreté. Je suis trop collée à la terre, en ce moment, pour
voler avec mes moutons...
Intéressant, finalement, cette panne d'ordi. Jusqu'à quel point suis-je vraiment accro à la machine ? Combien de temps pourrai-je tenir sans avoir accès à internet ? Combien de neurones de
mon cerveaux sont-ils directement connectés à l'écran et menacent de s'éteindre dans les prochains jours ?
Je crois que je commence à y voir plus clair.A force de réfléchir j'acquiers peu à peu une conscience des choses, relativement troublante il est vrai, mais pas autant destabilisatrice que je ne
l'aurais cru.
Il comble un besoin, c'est cela. Le manque d'affection que je ressens de plus en plus se traduit par l'acceptation voire la recherche de ces moments de tendresse paisible. Une envie de câlins,
comme tu le disais toi même. Moi aussi j'ai envie de câlins. Et ce qui me fait être si tolérante envers ses gestes que je croyais ne pas pouvoir recevoir d'une autre personne que toi, c'est sans
doute la confiance extrême que j'ai en lui et la certitude que je pourrais dire "non" à tout moment sans rien gâcher de notre amitié, c'est l'espoir que réellement il n'exercera aucune pression
d'une manière ou d'une autre, en accord avec ce qu'il m'a affirmé à savoir s'abstenir de tenter quoi que ce soit quand existe déjà une relation. Ma seule inquiétude est de franchir certaines
limites sans même m'en rendre compte et me laisser conduire vers quelque chose que je ne veux pas et que je regretterai ensuite. Si je le laisse tant s'approcher, c'est que finalement je me
sens bien dans ses bras sans penser à aller plus loin. Cependant j'avoue que cette situation me torture quelquefois. Parce que ses mains favorisent l'émergence de souvenirs que je ne pouvais pas
raviver toute seule, parce qu'il me permet de réveiller une mémoire qui utilise des canaux tactiles, parce que la résurgence de sensations que je croyais avoir oubliées me donne l'impression de te
sentir si proche, j'éprouve par instant comme un déchirement terrible en réalisant qu'il n'est pas toi, toi que je désirerais plus que tout trouver à mes côtés.

Envie de sentir une brise et cette caresse sur la peau, cet air qui décoiffe, ce souffle qui fait plisser les yeux.
Envie de sentir la nature en mouvement. Cette nature qui devient si vivante alors...
Je suis de bonne humeur, sans raison apparente. Comme la mélancolie, la bonne humeur aussi apparait ainsi parfois. Un condensé de petites choses, une ambiance particulière, et la légèreté
s'installe. Plus rien ne semble vraiment grave, ou du moins tout semble pouvoir s'arranger. Tout parait "juste comme il faut", tout existe et s'harmonise dans un équilibre
appréciable. Le soleil d'aujourd'hui, ce coup de fil rapide, cette sensation d'avoir tenté une action pour changer les choses, cette pause lecture dans la journée et l'introduction volontaire
d'une part de rêve dans le quotidien...
La bonne humeur, c'est la redécouverte d'une insouciance, d'un optimisme qui apaise. C'est l'ajout de nouvelles couleurs à la palette de ses activités routinières. C'est l'acquisition d'un regard
neuf sur une histoire banale. C'est l'attention à la pépite qui fait scintiller un jour qui aurait ressemblé aux autres. C'est la note qui donne une tonalité différente. Majeure.
Ca a un côté pervers, ce truc. On commence et on ne peut plus s'arrêter. J'y passe déjà trop de temps, sur ce foutu site. Je me relis trop. Je regarde trop mes statistiques, même. Mais qu'est-ce
que j'en ai a faire, moi de ces statistiques de m.... (j'ai mis exactement le nombre de petits points qu'il fallait, vous aurez remarqué)? J'ai besoin d'être reconnue, il faut croire. Entendre
cette phrase dans la bouche d'une amie m'avait fait sourire, je perçois maintenant quelle conscience d'elle même elle avait et avec quelle simplicité elle l'exposait alors. Je reprends ses mots. Un
besoin de reconnaissance, ça doit être ça. C'était me cacher de brandir ce prétexte d'un besoin d'écrire et de m'adresser à toi. Non pas que ce besoin n'existe pas, bien au contraire. Mais la cause
de la création de ce blog est peut être moins honorable que celle que j'aurais voulu donner, finalement. C'est beau un blog. C'est comme un petit bébé. Et comme devant un petit bébé les autres
s'extasient on espère que le petit nouveau sur la toile suscitera des réactions. Alors on peaufine, on retouche, on y revient, on en a marre des fois alors on laisse tomber mais pas trop longtemps,
et puis on va y faire un tour soi même quelquefois pour "voir ce que ça donne"... C'est bête un blog.
Encore une conversation à ce sujet, encore une ! Ils me donnent l'impression d'avoir fait un choix bizarre et disent avoir du mal à comprendre cette obstination à vouloir conserver à tout prix
quelque chose par quelqu'un qui se trouve si loin. Ils me demandent pourquoi je ne profite pas de cette année d'expériences, expériences qui ne sont pas forcément une remise en cause de tout
à leurs yeux. Ils me demandent comment je peux être sûre. Je ne suis pas sûre. Alors pourquoi ? Parce que je veux y croire.
Dis moi que c'est possible et que ça vaut la peine, toi que j'ai choisi. Dis moi que j'ai raison de vouloir m'accrocher à ce qu'on a construit tous les deux. Même si parfois c'est dûr, je n'ai pas
l'impression de faire un sacrifice. Cette décision a été naturelle, je ne me suis pas posée de questions en partant. Je carresse l'idée de projets communs et j'ai conscience que tu m'apportes
encore beaucoup, même à des milliers de kilomètres. Et surtout, malgré mes doutes, la réponse constante-"c'est toi"- à mes questionnements répétés me confirme ce que je désire.
Au royaume de du plaisir immédiat et de la recherche d'un profit individuel avant tout, est-ce si étrange de décider à deux de s'aimer à distance?
Découvrir ce collier de mots
Comme autant de perles de sauvetage
Impuissante
Devant la souffrance de l'autre
Toucher une détresse palpable
Le coeur serré par une vérité terrible
Coupable
De me dire que je vais bien
Essayer une parole fragile
Poussée par une émotion sincère
Consciente
De n'être qu'un appui dérisoire