Samedi 7 août 2010
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22:33
C'est drôle, un blog. Une face cachée-publique. On y vient, on laisse tomber, on revient un peu puis on oublie.
Et c'est drôle, la communauté des blogs, blogueurs, blogués... On s'attache à des gens que l'on ne connait même pas, juste par leurs mots. Et puis quand on revient ils ont disparu. Comme nous. Ou
alors ils sont là encore, sous d'autres pages, peut-être. Et on a envie de les retrouver, comme des amis d'enfance dont le vague souvenir refait surface parfois.
C'est drôle un blog. Ca prend du temps, ça attire et ça ne devrait pas, je devrais plutôt sortir. C'est comme plein de bouteilles, jetées à la mer. Ou d'avions en papier, lançés au hasard. On
croit que ça partira loin mais ça s'échoue toujours juste là. Et si ce soir je dis "bonjour", est-ce que quelqu'un me répondra?
Par Noiram
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Dimanche 12 juillet 2009
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11:38
Ca recommence. J'ai beau me dire qu'on s'habitue mais non, on ne s'habitue jamais vraiment. Je pense que la longueur de la crise de larmes qui suit la séparation est quand même proportionnelle au
temps de relation à distance qui devra suivre. Je n'ai pas pleuré dix heures d'affilée, cette fois-ci. Pour les deux mois à venir, j'ai divisé par cinq.
Je voulais faire bonne figure devant les miens, tu parles. Je me suis effondrée dans les bras de maman en arrivant...
Mais de toute façon, c'est comme ça. Je ne vais pas afficher une tête d'enterrement tout l'été. Je vais retrouver les copines, on se fera des vraies vacances entre filles ! On fera une voiture de
filles, on cuisinera des trucs de filles, on montera une tente de filles, on papotera de trucs de filles...
On parlera d'eux, en somme.
Par Noiram
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Mercredi 15 octobre 2008
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23:15
Voilà, je suis là, encore. Je n'aurait pas abandonné, finalement, l'écriture est plus forte.
Comme un retour... j'ai envie de demander des nouvelles : alors, qu'est-ce qui s'est passé? qu'est-ce que j'ai raté ?
J'ai envie de me rassurer, sans trop d'illusions : c'est moi, vous vous rappelez?
J'ai envie de me raconter, même si ça vous embête un peu, que c'est trop long et que de toutes façons vous ne saurez plus de quoi je parle...
Je me sens un peu bête aussi, ou un peu culottée plutôt : pourquoi refaire surface maintenant alors que chacun a continué sa petite vie sans se soucier d'une énième blogueuse qui a disparu au bout
de quelques mois?
Enfin, c'est comme ça, comme un retour.
J'essaierai de penser à vous.
Par Noiram
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Dimanche 8 juin 2008
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13:01
D'où vient ce désir d'être attiré par l'extrême ? Pourquoi vouloir toucher les limites pour se prouver d'avoir vraiment vécu ?
Je ressens cette attirance depuis quelques temps. Elle a été réveillée hier par ce film,
Blood diamonds, de ces films qui restent gravés et font réfléchir après l'émotion. Je me suis
surprise à penser que malgré tout le dégout que j'avais ressenti j'aimerais "aller voir" là bas. Je me demande même si cette velléité de m'engager un jour dans l'humanitaire peut être n'est pas
motivée par cette raison. Il est vrai qu'il est plus beau de croire à l'altruisme que de reconnaître cette curiosité particulière qui vous porte à rencontrer le pire de l'Homme en espérant
bousculer sa tranquilité quotidienne et donner une valeur supplémentaire à l'existence.
Pourquoi suis-je poussée à demander tant de détails quand cet ami me parle de son engagement dans la guérilla et son expérience du narcotrafic ? Ce qu'il me raconte me bouleverse à chaque fois,
j'en ai mal au coeur et pourtant j'en redemande. Je veux comprendre. J'ai envie de creuser, creuser, pour arriver au fond des choses, me confronter ou m'immerger dans une réalité de laquelle
j'étais si loin il y a quelques mois. J'ai l'impression de perdre ma naïveté, mais je ne veux pas perdre l'humanisme. J'étais pourtant si convaincue du bien qui se trouve en chaque homme que de me
cogner, à travers les récits de ce compagnon, à ce monde de menaces, vengeance, pauvreté, drogue, lutte armée, cultures illégales et économie souterraine me destabilise grandement. Je ne veux pas
arriver à cette conclusion désabusée que le monde est une pourriture et que l'humain ne vaut rien d'autre que cela. Alors pourquoi en écoutant des récits de ce genre ai-je l'impression de
toucher au "vrai", au "coeur", si atroce soit-il ?
Par Noiram
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Dimanche 25 mai 2008
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03:06
C'est dûr de dire au revoir à un ami. On s'attache, indéniablement. Et même si je connais les règles du jeu de cette année, j'ai du mal à les accepter. Créer des liens pendant quelques mois sans
savoir si je reverrai un jour ces visages qui me sont devenus chers... ce n'est pas juste. Les personnes qui comptent devraient être accessibles. Depuis ce matin et cette dernière accolade, les
souvenirs des derniers mois passés ensemble affluent en continu. Je revois le film de notre amitié, et je souris et je pleure.
Je ne sortirai pas ce soir, pas envie. Je sais que ça ne sert à rien de m'enfermer dans cette tristesse, je devrais au contraire chercher à m'ouvrir et chercher dans les autres une occasion de
m'amuser quand même, mais voilà je suis fatiguée. Couchée à 5h30, je me suis levée à 9h pour lui faire mes adieux. Je suis arrivée en retard. Je ne voulais pas y aller. Je ne voulais pas me lever
pour ça. Un moment j'ai pensé "Pars, et qu'on n'en parle plus !". Mais je me suis assise sur mon lit et, comme un zombie, me suis dirigée vers la salle de bain pour me préparer. Je lui devais bien
ça.
On s'est dit qu'on se reverrait. Je voudrais le croire. Mais le conditionnel est si fort dans ce type de projet que la faible probabilité de concrétisation ajoute à mon chagrin. Plus loin que les
contacts que j'essayerai de conserver, cette fois, il faut que je garde espoir d'une autre rencontre future, où l'on se racontera ce qu'on est devenu et où l'on évoquera nos souvenirs communs. Le
monde n'est pas si grand, finalement.
Par Noiram
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Publié dans : Etats d'âmes
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Lundi 19 mai 2008
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00:23
Aujourd'hui tout appelle à la mollesse, à la paresse, à l'ennui, au sommeil, à la torpeur... La pluie incessante dégouline du toit et forme des rivières dans les rues. Je regarde le déluge à
travers les gouttes de ma fenêtre. Je ne fais rien. C'est dimanche. Le temps ralenti, s'étire et se repose. Je me couche dans mon lit, cocon douillet qui accueille ma nostalgie du moment. Je pense.
Je prends la pause que m'offre le ciel gris d'un après-midi triste. La maison toute entière dort sous les nuages. Un calme humide s'est installé.
La fête qui aurait avoir dû lieu sur le trottoir d'en face à trouvé des déçus sous leurs parapluies : les ballons sont mouillés.
Par Noiram
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Publié dans : Saveurs du quotidien
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Samedi 17 mai 2008
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22:06

Je suis amoureuse !
Je ne me lasse pas de regarder ces fleurs de couleur vive, ces feuilles qui tombent délicatement sur le vase, ces branches harmonieusement disposées et cette dynamique d'ensemble qui élève la
composition vers le ciel. Je n'arrive encore pas à en croire mes yeux. Je ne me lasse pas de sentir ce doux parfum qui se dégage, ce mélange de sucré et de doueur qui m'envoute et me ramène à toi.
Je voudrais plonger dans cette odeur de légèreté jusqu'à m'enivrer de ces effluves qui ont envahi la maison. Tu es avec moi. Je ne me lasse pas deffleurer le tissu fragile des roses et le brillant
des anthuriums. C'est une caresse que je te destine.
A des milliers de kilomètres de distance, ce bouquet reçu de toi me prend par surprise, m'émeut aux larmes et me réconforte. Cette douce attention se transforme en présence. Je t'aime.
Vendredi 9 mai 2008
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00:34
Voilà, mon ordinateur est réparé, c'est l'évènement de la semaine. Et maintenant ?
Je me sens lasse. Pas assez dormi cette nuit. C'était une idée bête, ce double café à 21h. Tant pis, on a discuté. Longtemps, même. On est parti loin je crois. J'ai ressenti cette dynamique qui me
plait quand je me sens en phase avec mon interlocuteur: l'impression que les mots qui sortent de ma bouche en s'adressant à lui formulent des idées et des vérités que j'avais à peine pensées
auparavant. C'est par la parole que s'éclaircissent mes pensées. C'est plutôt rare. Je passe généralement par l'écriture.
Je suis fatiguée. Pas envie de grand chose. J'aurais du faire une sieste. Je pourrais compter les moutons tiens, au lieu de relire ces photocopies peu attrayantes. Ou chercher les moutons dans les
feuilles, tiens. Ca vit dans les feuilles un mouton ? Mes moutons vivent dans les feuilles. Ils enlèvent les agrafes et font voler les pages. Et ensuite ils volent avec les pages, en soufflant sur
les lettres qui s'éparpillent aux quatres coins du ciel. Puis les lettres s'amusent à leur tour, elles écrivent des mots bizarres exprès, qui n'ont aucun rapport avec le texte d'origine.
Quelquefois elles dansent aussi. Une farandole qui m'appelle et réveille et chatouille cette envie de danser à mon tour. Je manque de légèreté. Je suis trop collée à la terre, en ce moment, pour
voler avec mes moutons...
Par Noiram
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Lundi 5 mai 2008
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23:47
Intéressant, finalement, cette panne d'ordi. Jusqu'à quel point suis-je vraiment accro à la machine ? Combien de temps pourrai-je tenir sans avoir accès à internet ? Combien de neurones de
mon cerveaux sont-ils directement connectés à l'écran et menacent de s'éteindre dans les prochains jours ?
Par Noiram
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Lundi 28 avril 2008
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22:06
Je crois que je commence à y voir plus clair.A force de réfléchir j'acquiers peu à peu une conscience des choses, relativement troublante il est vrai, mais pas autant destabilisatrice que je ne
l'aurais cru.
Il comble un besoin, c'est cela. Le manque d'affection que je ressens de plus en plus se traduit par l'acceptation voire la recherche de ces moments de tendresse paisible. Une envie de câlins,
comme tu le disais toi même. Moi aussi j'ai envie de câlins. Et ce qui me fait être si tolérante envers ses gestes que je croyais ne pas pouvoir recevoir d'une autre personne que toi, c'est sans
doute la confiance extrême que j'ai en lui et la certitude que je pourrais dire "non" à tout moment sans rien gâcher de notre amitié, c'est l'espoir que réellement il n'exercera aucune pression
d'une manière ou d'une autre, en accord avec ce qu'il m'a affirmé à savoir s'abstenir de tenter quoi que ce soit quand existe déjà une relation. Ma seule inquiétude est de franchir certaines
limites sans même m'en rendre compte et me laisser conduire vers quelque chose que je ne veux pas et que je regretterai ensuite. Si je le laisse tant s'approcher, c'est que finalement je me
sens bien dans ses bras sans penser à aller plus loin. Cependant j'avoue que cette situation me torture quelquefois. Parce que ses mains favorisent l'émergence de souvenirs que je ne pouvais pas
raviver toute seule, parce qu'il me permet de réveiller une mémoire qui utilise des canaux tactiles, parce que la résurgence de sensations que je croyais avoir oubliées me donne l'impression de te
sentir si proche, j'éprouve par instant comme un déchirement terrible en réalisant qu'il n'est pas toi, toi que je désirerais plus que tout trouver à mes côtés.